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Le travail comme facteur d'intégration

L'homme vit en société et son intégration y est d'autant plus forte qu'il tisse de nombreux liens avec les divers groupes sociaux (famille, école, entreprise) qui la constituent. Dans nos sociétés, le travail est une activité centrale qui reste un vecteur fondamental de cohésion sociale et d'intégration. Cependant, il connaît actuellement de profondes mutations qui modifient sensiblement sa place dans l'échelle des valeurs de la société.

1. En quoi le travail est-il un facteur fondamental d'intégration sociale ?
Dans nos sociétés contemporaines, le travail contribue à la constitution du lien social et est un facteur d'intégration à plusieurs niveaux. Tout d'abord, l'emploi, par le revenu qu'il procure, donne à l'individu une certaine utilité sociale ; c'est la reconnaissance par la société que son travail est nécessaire à l'activité de production de la nation. De plus, le salaire permet d'intégrer la norme de consommation de la société. Par ailleurs, le travail facilite l'intégration car les salariés de l'entreprise constituent un collectif et tissent les liens. Ainsi, le travail est une instance de socialisation : l'individu rentre en contact avec d'autres, partage des tâches, vit des conflits et, au total, se forge une identité aussi bien dans le regard qu'il se porte à lui-même que par rapport aux regards extérieurs. Enfin, la participation au salariat à travers le statut professionnel et les cotisations sociales ouvre des droits collectifs et intègre les individus à la société de l'État-providence.
On comprend donc aisément que les évolutions du marché du travail depuis les années 1980 rendent plus fragile l'intégration par le travail. En effet, l'apparition d'un chômage de masse qui peut être de longue durée et la précarisation même relative du marché du travail rendent plus difficile l'intégration.
Parallèlement, la famille et la citoyenneté se présentent aussi comme des vecteurs de solidarité et de cohésion en raison du partage de ressources qu'elles impliquent entre leurs différents membres et du sentiment d'appartenance qu'elles peuvent fonder.

2. Dans quelle mesure la difficulté d'accéder au travail perturbe-t-elle le lien social ?
Depuis le xixe siècle, le travail était devenu à la fois un moyen de produire, un moyen de se réaliser personnellement et d'obtenir une reconnaissance sociale (travail bien fait, relations). Ce schéma est aujourd'hui remis en cause et l'intégration par le travail devient plus problématique, alors que : le nombre de chômeurs s'accroît et les emplois précaires se multiplient (augmentation des CDD, intérim, emploi à temps partiel subi, etc.) ; ces emplois, en effet, ne favorisent pas l'insertion dans l'entreprise, car les travailleurs occasionnels se sentent peu concernés par la vie de l'entreprise et ne s'engagent que très rarement dans une action collective, de type syndical, par exemple.

Les activités se tertiarisent, les relations au sein de l'entreprise s'individualisent (gestion du personnel plus « personnalisée »), des populations se fragilisent (jeunes, actifs non qualifiés, femmes, immigrés)...
Or, l'exclusion de la vie professionnelle conduit souvent à l'exclusion sociale. Les revenus diminuent, le mode de vie change, les liens avec l'entourage se raréfient. Les personnes se retrouvent en dehors du système (salariat, protection sociale) et se paupérisent jusqu'à tomber parfois dans l'extrême pauvreté ou la marginalité. Ainsi, la crise actuelle de l'emploi participe-t-elle à l'inquiétude générale de voir s'accroître la « fracture sociale ».

Prof.: Tchamgoue Buttinol Pierre   - Thomasta.com -  Contactez-nous